Birmanie : Introduction
Avant de commencer mon récit je vais essayer de donner un aperçu général de la situation au Myanmar (ou Birmanie).
Par exemple on trouve une grande diversité ethnique et religieuse (dans une moindre mesure) dans ce pays. En particulier dans les villes. En effet il n’est pas rare de croiser des indiens, des népalais ou des pakistanais (ainsi que des chinois mais ça c’est une autre histoire).
La grande majorité d’entre eux n’ont que la nationalité birmane, certains sont des descendants de travailleurs amenés ici par les anciens colons britanniques.
On trouve donc beaucoup de restos indiens, ainsi que des mosquées, temples hindous, églises et même une synagogue à Yangon (Rangoon). Cette dernière a été construite par des juifs indiens venant de Cochin. Et il y a évidemment une large majorité de temples bouddhistes, à vue de nez je dirai 2 par habitant… Je n’en ai jamais vu autant !
Au niveau politique le pays est dirigé par une junte militaire depuis 1988, appelée Le Conseil d’État pour la paix et le développement constituée par « les généraux ».
C’est assez triste de se dire que le Myanmar est connu à travers le monde « grâce » à eux, cette entité sans nom et sans visage.
Si je vous dis Birmanie/Myanmar vous pensez à quoi ?
- Drogue, opium, triangle d’or.
- Rubis et autres gemmes (de sang).
- Répression, bonzes qui manifestent et se font taper dessus.
- Aung San Suu Ky la femme Prix Nobel de la Paix qui est astreinte à résidence depuis plusieurs années.
Et mêlés à tout ça : la dictature, les généraux.
Le pays est donc sous le coup d’un paquet d’embargos et d’interdictions économiques. Meilleur moyen pour s’en rendre compte en tant que touriste : il n’y a pas d’ATM ! (pauvres de nous…).
Il faut donc débarquer avec son budget complet en dollars cash. Mais attention il ne faut pas que les billets soient froissés, pliés, déchirés, marqués au stylo ou autre. Ni que le numéro de série commence par CB car il y a eu des faux dans cette série. Si c’est le cas ces billets sont échangés à une moindre valeur voire carrément refusés.
Oui ils sont un peu maniaques mais ils compensent avec leur propre monnaie, le kyat : billets en miettes, scotchés, plastifiés et parfois même agrafés !
Il est impossible d’acheter ou vendre des kyats à l’étranger.
J’ai eu connaissance d’un cas où un touriste est arrivé à Yangon persuadé de pouvoir trouver un ATM. Il en a effectivement trouvé un dans un grand hôtel de la capitale mais avec un intérêt de 20% sur le retrait (+frais normal) ! Ça commence à faire cher les vacances…
J’ai aussi rencontré un allemand qui a dû rentrer sur Bangkok après 2 ou 3 jours car personne ne voulait changer ses dollars « pas parfaits ».
Le gouvernement a commencé à ouvrir le pays au tourisme dans les années 90. Le touriste lui plait beaucoup : Il a du fric ! Bon ils ont dû être un peu déçus avec moi…
Evidemment les militaires (étonnement presque invisibles dans les zones touristiques) ne vont pas racketter les touristes dans la rue, ils préfèrent quand certains naïfs rentrent chez eux et disent « C’est pas vrai ce qu’on raconte à la TV ! J’ai jamais vu de violences, le pays est agréable et beau, en plus on y trouve même des pizzerias ! ».
Donc ils ont trouvés d’autres moyens pour se remplir les poches : taxe d’aéroport (10$), taxes de zones touristiques (2 x 5$), avec l’entrée de certains musés et palais (visité aucun).
Mais ça ne s’arrête pas là, ils ont entre autre en leur possession : les télécoms, la bière national, pas mal de beaux hôtels et de grosses compagnies de tours organisés.
Ce qui nous amène à un vaste débat : Faut-il visiter la Birmanie au risque de remplir les poches de cette dictature ?
Certains pensent que non, il faut boycotter ce pays afin de ne pas « légitimer » la dictature et lui remplir les poches par la même occasion.
D’autres comme moi pensent qu’au contraire il faut y aller car si l’on se comporte bien en évitant par exemple de fréquenter certains hôtels, d’acheter des rubis ou en ne visitant pas certains endroits « à taxe » on enrichit davantage les locaux qui en ont bien besoin et d’une certaine façon le contact entre les peuples apporte aussi beaucoup aux uns et aux autres.
Birmanie : Le récit
Apres avoir passé 2 nuits réparatrices à Bangkok (souvenez-vous : je reviens d’Inde) je m’envol pour la Birmanie (ou le Myanmar) les poches pleines de dollars.
Arrivé à Yangon (ou Rangoon) le ciel est gris et il y a parfois de courtes averses. Je m’installe au Garden Guesthouse, drôle de nom pour ce grand immeuble assez moche car il n’y a pas l’ombre d’un « garden » dans les environs. Par contre c’est idéalement situé au centre-ville, juste en face d’une superbe pagode dorée.
En me rendant à un marché pour changer mes dollars (au noir) j’ai un premier aperçu de l’ambiance de cette ville. C’est assez tranquille, les gens ne sont pas pressés et ça ne klaxonne pas. Des stands de fruits ou autres nourritures squattent les trottoirs.
Quelques personnes m’aborderont en me posant les questions habituelles : d’où je viens, combien de temps je vais rester au Myanmar, etc. Je réponds en attendant que ces gens en viennent au fait, c’est-à-dire que vont-ils essayer de me refourguer. Mais… Oh surprise ! Une fois leur curiosité assouvie ces gens s’en vont en me saluant avec un sourire. Des locaux qui m’abordent sans arrière-pensée ! Comme ça fait plaisir !
Il y a même un jeune qui après de brèves présentations me dit spontanément qu’il n’aime pas son gouvernement car il n’y a pas de liberté puis il me salue rapidement avant de disparaitre dans une petite ruelle. Des paroles pareilles auraient pu l’amener droit en prison si la mauvaise personne l’avait entendu mais je suppose qu’il avait vraiment envie d’essayer d’ouvrir les yeux à un touriste.
A Rangoon je visite la célèbre pagode Shwedagon. Le plus important temple bouddhiste du pays. L’énorme stupa dorée au centre du lieu contiendrait des cheveux de Bouddha lui-même. Pour la petite histoire c’est 2 marchands de Yangon qui les auraient reçus en échange des gâteaux au miel qu’ils lui avaient offert.
Le lieu est super impressionnant, centré sur une gigantesque stupa dorée, comme une grande flèche pointée vers le ciel. Autour il y a plein d’autels. Le lieu est très bling-bling, sol en marbre (très agréable car on doit marcher pied-nus ici), dorures de tous les côtés, pierres précieuses et la plupart des bouddhas au fond de leurs autels on comme auréole des néons multicolores clignotants. Ca fait très « Pimp My Buddha » pour ceux qui connaissent…
Voilà une description plus détaillée de Wikipedia :
Le stûpa atteint 98 mètres. Sa base est faite de briques recouvertes de milliers de plaques d’or. Elle est entourée d’une forêt de 64 petits pagodons qui forment une petite enceinte avec 4 temples plus grands situés aux points cardinaux.
Sur la flèche se trouve une sorte d’ombrelle, appelée le hti en birman où sont accrochées 1065 clochettes d’or et 420 clochettes d’argent, ainsi qu’une girouette ornée de pierres précieuses. Elle se termine par le seinbu, une petite sphère d’or incrustée de milliers de diamants dont une émeraude de 76 carats.
Bling-bling comme je disais…
Le lieu est vivant, ce n’est pas un temple musée comme certains endroits. On y croise plein de bonzes et bonzesses ( ?) affairés ou glandouillant (pardon, méditant). Il y a aussi tous les fidèles venus pour une offrande ou simplement pour papoter avec un ami dans ce bel endroit.
Le soir même je prends un bus de nuit pour Mandalay. Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris de véhicule aussi classe. Le bus est presque neuf, les sièges sont inclinables et il y a l’air conditionné (AC).
Autre fait notable le bus n’a pas été remplis au-delà de la capacité des sièges.
Evidemment à l’avant du bus il y a l’éternel TV, c’est en général l’occasion de découvrir les derniers tubes de la pop locale ainsi que le genre de films appréciés dans ce pays. Et comme d’habitude c’est affreusement kitsch et ridicule mais ce n’est que mon avis d’occidental…
Pour commencer, pour faire les choses à la sauce locale on a eu droit à un enregistrement de quelques mantras bouddhistes récités avec un enthousiasme de zombie.
Ensuite il y a eu un téléfilm dont je n’ai pas compris grand-chose, un truc avec le gentil qui a un amour impossible, un méchant aussi antipathique que ridicule, 2-3 coups de poings puis tout le monde devient amis et le gentil héro se marie avec l’amour impossible.
Vers minuit nous avons fait arrêt dans une espèce de restauroute, un endroit assez étonnant. Le parking était remplit essentiellement de bus, environ une cinquantaine. J’ai vu très peu de véhicules privés dans ce pays. Tous les passagers de ses bus étaient donc occupés à manger dans des restaurants style grande cafeteria alignés le long du parking. Ces derniers étaient illuminés de néons multicolores dignes de Las Vegas. Le service était pris en charge par une petite armée de gamins de 14-15ans courant dans tous les sens des plats à la main. Ambiance nocturne assez surréaliste pour un endroit au milieu de la brousse birmane.
Pour conclure le voyage (entre 1h et 4h du matin) il y a eu les clips musicaux. De la pop criarde et larmoyante. Mais soudain un chanteur m’a tiré de mon demi-sommeil.
Une grande scène avec plein de jeux de lumière. une foule enthousiaste. un batteur aux cheveux longs. les bassistes-guitaristes avec des lunettes de soleil. et au centre… un albinos chauve avec des lunettes et une chemise colorée !
Je n’ai absolument rien contre les albinos mais je dois avouer que j’ai été scotché par ce spectacle. Un albinos rockstar chantant de la pop en Birmanie…
Nous arrivons finalement à Mandalay vers 5h du matin. Comme d’habitude à peine sortit du bus une armada de chauffeurs de taxis me proposent leurs services pour m’amener à un hôtel. Mais ils le font avec retenue et sans insisté, quel pays agréable ! Après avoir refusé leurs offres un type s’approche de moi et me demande dans un très bon anglais si je désire prendre un café avant de prendre une moto-taxi-pas-chère pour le centre-ville. Voilà un gars qui a le sens du commerce !
Après un café et un trajet en moto je pose mes bagages dans un petit hôtel. Mon moto-taximan me propose de me servir de taxi-guide pour les sites intéressants de Mandalay. Après avoir choisis les endroits où je veux aller et renégocier le prix on se donne rendez-vous à 8h pour commencer la visite. Ça me laisse donc 1h30 pour finir ma trop courte nuit perturbée par une rockstar albinos.
Pour commencer nous visitons 3 temples bouddhistes très jolies mais qui m’intéressent moyennement car « après avoir visité un temple tu les as (presque) tous vu ». Les trajets en motos sont en revanche beaucoup plus intéressants. Les rues sont parcourues par des groupes de jeunes moines aux robes flamboyantes, gamelle à la main, allant mendier de l’aumône de nourriture pour leur repas. D’ailleurs après ces 3 temples nous nous rendons dans un énorme temple-école-dortoir pour assister au déjeuner des moines.
Sur place il y n’a heureusement pas trop d’autres touristes. Mon guide commence par me montrer les « cuisines », un endroit rustique où de basiques fours à bois ( ?) chauffent d’énormes chaudrons. 2000 moines ça en bouffe du riz !
La distribution a lieu dans une petite cour, il y a 2 rangées de tables couvertes d’énormes casseroles de riz, légumes et sacs de mangues pour le dessert. Un groupe de bouddhistes coréens en voyage s’occupe de dispenser la nourriture, ils sont aux « postes de combat ».
Ready ! Set ! Go !
2 colonnes interminables de moine s’élancent et défilent en tendant leur gamelle. C’est impressionnant, avec leurs robes on dirait 2 longues coulées de lave, on n‘en voit pas le bout. D’après ce que j’ai compris les robes sont de différentes couleurs en fonction du « grade » ou du sexe de la personne : orange, safran, rose (femmes), blanc, … Les moines doivent avoir de 5 à 80ans mais il y a énormément de jeunes. Mon guide m’expliquera que la plupart des jeunes (dont lui) viennent à l’école bouddhiste pour 1, 2 ou 3ans.
Pour notre dernière destination nous sommes allé au pont de U Bein, qui est avec ses 1.2km le plus long pont en tek du monde et date d’il y a 200ans. Des villageois le traversent en poussant leur bicyclette, il y a des vendeuses de fruits et souvenirs et même 2 ou 3 mendiants.
Ces derniers seront les seuls que je verrais durant mon séjour dans le pays mis à part un jeune qui faisait discrètement la manche à la sortie d’une mosquée de Yangon. C’est à se demander si les autorités ne s’occupent pas de façon musclée des défavorisés dans les endroits touristiques.
Antoine, un ami français rencontré en voyage (Géorgie et Chine), a émis l’hypothèse que venant d’Inde (moi) où les mendiants sont omniprésents j’avais été marqué au point de trouver blizzard quand il y en avait pas…
Le lendemain je me rends à pied à Mandalay Hill, une colline couronnée d’un temple surplombant la ville. Pour commencer je marche quelques kilomètres à travers les rues. Au centre se trouve un palais entouré de larges douves. Je décide de les longer pour éviter le bruit du trafic. Ce chemin bien qu’en centre-ville n’est pas très fréquenté.
Passant à coté de 3 femmes assises sur le trottoir l’une d’elle me dit un truc que je ne comprends pas, il m’a semblé entendre « I love you », blizzard. Elles me demandent (avec la langue universelle : les mains) de les prendre en photos, ce que je fais pour leur plus grand ravissement, la communication étant extrêmement limitée je continue mon chemin.
Un peu plus loin un indien, la quarantaine, glande à côté de sa moto. Au moment où je passe près de lui il me dit quelque chose, évidemment avec son accent indien je n’ai rien compris mais partant du principe que c’était probablement un moto-taxi je lui dis que je me rends à Mandalay Hill et que je vais y aller à pied. A ce moment-là il me répond « No, No, I said I want to shag your dick ! » (pour les non-anglophones je me contenterai de dire que le bonhomme me proposait de mettre sa main dans mon short…). Un peu médusé (on est dans un endroit touristique au Myanmar et pas en Thaïlande, il devait être aux alentours de 14h) je lui réponds simplement « euh… no thank you… » avant de continuer mon chemin en rigolant.
J’apprendrai par la suite que le chemin bordant des douves est le coin des prostituées et autres originaux.
J’arrive enfin au pied de la colline, pour atteindre le sommet il faut prendre toute une série d’escaliers couverts parsemés de petits temples, statues et vendeuses de snacks, boissons et souvenirs. C’est assez sympa, il n’y a pas trop de monde, je ne croise aucun touriste et les vendeuses ne perdent pas leur sourire quand je leur dis que je ne suis pas intéressé par leurs produits.
Peu avant d’arriver au sommet j’accepte de me faire lire les lignes de la main par un astrologue pour 1chf. Je ne crois pas du tout à ce genre de bêtises mais ça m’amusait d’essayer.
Verdict :
- Juin-Aout 2011 : sera une bonne période pour moi (tant mieux…).
- Octobre 2011 : je pourrais avoir un accident en voyageant à bord d’un véhicule (donc je vais éviter de rentrer avant octobre).
- Décembre 2011 : je pourrais avoir des problèmes avec ma copine (faudrait déjà en avoir une…).
- 2011 : Bonne année niveau études pour mon frère Tim (il n’avait pas l’air aussi positif après avoir passé ses exams).
- 2013 : Mauvaise année pour moi.
- 2014 : Mariage.
- 2015 : Je vais trouver un bon travail (ok, donc je peux encore voyager 3ans et demi avant de rentrer !).
- Ma ligne de la main concernant la fortune est presque inexistante (sans déc !).
- Je vais mourir à 73ans (un peu tôt quand même…).
C’était marrant mais pas très original, l’astrologue me propose tout de même (avec beaucoup d’insistance et peu de succès) d’acheter un bracelet magique contre la malchance. Seulement 20$ !
J’arrive enfin au sommet, la vue est jolie mais les nuages jouent les trouble-fêtes. Je fais un tour du temple qui malheureusement ne diffère pas vraiment des 20 visités précédemment. Il y a un truc que l’on retrouve dans la plupart des temples birmans d’une certaine importance et qui me fait sourire : Sur les murs on trouve souvent des photos prisent lors de la visite de gens importants, en 2 mots des militaires.
Sur le chemin du retour à mon hôtel de d’énormes nuages noirs envahissent le ciel. Très photogénique… 20 secondes après il se met à pleuvoir, la sorte de pluie qui semble venir de tous les sens en même temps, en haut, en bas, des côtés. On s’attendrait presque à se retrouver nez à nez avec un banc de poissons en pleine rue. J’essaye tant bien que mal de m’abriter sous un arbre mais la pluie se déplaçant horizontalement et de bas en haut ça s’est avéré assez inefficace. Assez rapidement mes chaussures font floc-floc quand je marche et la pluie s’est infiltrée par les aérations de mon k-way. Pendant un instant je songe à traverser les douves à la nage pour prendre un raccourci, ne pouvant pas être plus trempe que je ne le suis déjà…
De retour à mon hôtel je découvre avec horreur qu’un peu d’eau s’est infiltrée dans mon sac et a atteint mon appareil photo. Quand j’essaye de l’allumer l’objectif commence à sortir, se bloque puis l’appareil s’éteint. Après l’avoir séché et bidouillé même résultat. Je suis un peu dégouté, plus de photo avant la réparation en Thaïlande, à Bangkok.
Le lendemain matin je prends un bus pour me rendre à Kalaw (9h de trajet), un village assez touristique au milieu de collines verdoyantes. Le trajet en bus est assez mouvementé mais j’ai l’habitude. Ma voisine de siège est une vieille femme édentée et souriante de je-ne-sais quelle ethnie rentrant dans son village, elle a des tatouages sur le visage, le nez percé et de gros écarteurs dans les lobes des oreilles. Pendant les quelques arrêts du bus elle en profite pour vite sortir et tirer quelques bouffée sur une espèce d’énorme pétard à faire pâlir un hippie, mais à vrai dire je suppose que c’était du tabac. J’en ai rencontré d’autre de son genre au Népal ou plus tard au Laos, comme quoi le style « punk-rocker » est largement pompé sur le style des « mamies campagnardes » asiatiques !
Arrivé à Kalaw je m’installe à la Guesthouse Golden Lily qui est tenue par une sympathique famille de sikhs (indiens).
A la base je pensais faire un trek de 2 jours partant depuis Kalaw pour me rendre à Inlay Lake. Malheureusement on m’expliquera que les conditions ne sont vraiment pas terribles à cette saison : pluie, boue et presque pas de touristes pour partager les frais du guide. Ayant renvoyé mes affaires de trek en Suisse je renonce à y aller, pas la peine de me transformer en abominable homme de boue…
Pendant la journée je me promène dans le village et j’essaye de trouver un endroit où acheter un mini-tournevis pour ouvrir mon appareil-photo. Je tombe sur une petite échoppe d’outillage dont le gérant a dû prendre en pitié l’étrange touriste agitant un appareil photo sous son nez en faisant des gestes blizzards. Il m’amène toute sa collection de mini-tournevis ainsi qu’un petit souffleur d’air pour enlever les saletés dans mon appareil.
Je commence donc mon opération chirurgicale sur une petite table, debout, en pleine rue, sous l’œil fasciné du gérant et de quelques curieux. Après avoir démonté moultes trucs je décide de renoncer car vu l’environnement et mes connaissances limitées en la matière je risque d’empirer les choses. En partant je tends un billet au gérant, l’équivalent de 30 centimes, mais il refuse de le prendre et me fait un grand sourire. J’imagine que j’ai été un bon divertissement pour 45 minutes…
Après 2 jours passés à Kalaw je me rends à Inlay Lake, un haut lieu touristique au Myanmar. Comme son nom l’indique l’intérêt du lieu est son lac.
Le 1er jour je vais visiter le lac en pirogue à moteur en compagnie de François et Ouma, un couple de français franchement hippie mais qui ont gardé les pieds suffisamment sur terre pour que je les apprécie. D’ailleurs ils se promènent constamment pieds nus pour « mieux ressentir l’énergie de la terre ». Vous voyez le genre…
Bon allez je vais faire un portrait plus complet d’eux car j’ai apprécié leur compagnie et ils ne m’ont jamais regardé de travers quand je doutais de certaines de leurs théories.
François.
Environ +40ans. Cheveux très long, presque jusque aux fesses. Habillé d’un pantalon et d’une chemise de coton blanc.
En discutant avec lui j’apprendrai qu’il a une ex-femme et 2 enfants qui vivent en Suède. Il y retourne régulièrement entre ses voyages pour voir ses enfants et travailler quelques mois dans des maisons de retraite.
Il a fait un court séjour en prison en Inde puis a été expulsé car il s’était fait attraper avec une certaine quantité de haschich en sa possession (de mon point de vue rien de grave, mauvais moment, mauvais endroit). Le hic c’est qu’à ce moment il était seul avec ses 2 jeunes enfants donc les autorités indiennes ne savant pas quoi faire avec eux ont fini par l’expulser en France.
Ouma (nom indien).
Environ 30ans, quelques tatouages.
Ça fait 4ans qu’elle voyage, mais son truc c’est l’Inde. Elle parle hindi et elle doit d’ailleurs y retourner quelques mois pour prendre des cours d’ayurvédique (massages).
Après avoir travaillé quelques années an tant que juriste en France elle a décidé de tout lâcher pour vivre une vie qui lui correspondait plus (respect !).
Elle jeun une fois par semaine pour éliminer les toxines de son corps.
Pratique la méditation avec François, du genre 3 semaines dans un temple en Thaïlande. Interdiction de parler, 10h de méditation par jour (en gros rester assis en vidant son esprit), légers repas à base de riz, pas de cigarettes, alcool, TV, livres, etc.
Durant notre tour en bateau nous avons commencé par traverser une bonne moitié du lac, nous avons pu y admirer les pécheurs en action avec leur technique locale. Ils sont debout en équilibre sur une jambe à l’arrière de leur pirogue, de l’autre jambe ils manient une pagaïe dans l’eau pour (je suppose) garder leur équilibre et avec leur bras ils s’occupent de leur filet (voir photo).
Par la suite nous avons fait arrêt sur de petites iles pour voir un temple et quelques magasins de souvenirs, mais le guide a rapidement compris qu’il perdait son temps avec ce genre de choses.
Un des trucs fascinant sur ce lac c’est les villages flottants. Des villages entiers construits sur pilotis où les gens se déplacent en pirogue ou parfois sur de petits ponts faits de planches de bois.
Les jardins flottants sont encore plus fascinants. Ce sont des cultures de tomates et autres légumes plantés sur d’étroites mottes de terre et d’algues flottantes. Dis comme ça ça n’a l’air de rien mais en réalité ce sont de parfaites lignes (comme des vignes) de plusieurs dizaines voire centaines de mètres de long parallèles les unes aux autres, avec entre elles justes assez d’espace pour que de petits bateaux puis y passer.
Nous visitons aussi une fabrique de cigares traditionnels dans une maison pilotis. Un mélange de tabacs, sucre, miel, fruits séchés sont enroulé dans un bout de feuille de banane séchée. Le gout est assez bon.
Durant cette excursion j’en ai aussi profité pour appliquer une de mes vieilles habitudes, acquise depuis l’âge où je ne me promène plus partout avec ma maman : « cramer au soleil et ensuite penser à mettre de la crème solaire ».
Résultat, dans les jours suivant j’aurais pu ouvrir une usine de chaussures en peau de Christo…
Après une nuit assez désagréable du genre « Aïe ma nuque, ouille mes épaules, argh mes bras, ca brûûûûle ! » je retrouve Ouma et François pour une excursion à vélo sur les bords du lac. Et évidemment j’ai encore oublié la crème solaire…
Nous avons donc passé une grosse demi-journée à parcourir de petits chemins en admirant les paysages, saluant les locaux souriants et en visitant de petits temples. Ah oui et mes coups de soleil sont passés du rouge au violet…
De retour au village j’achète un billet de bus pour Bagan, la dernière étape avant le retour à Rangoon. Le bus part à 5h du matin dans un bled à 15km. Après une courte et douloureuse nuit je commence mon trajet pour la journée. Heureusement elle commence avec un sourire : en partant la dame de l’hôtel m’offre un petit-déjeuner pour la route (3 toasts, 1 œuf dur et 1 banane) !
Le voyage en bus a été l’habituel interminable tape-cul. Un des trucs qui me faisait constamment halluciner dans ce pays c’est que beaucoup de motards/scootéristes portent des casques ayant exactement la même forme que ceux des allemands durant la seconde guerre mondiale. A 3 ou 4 reprises j’en ai même vu qui arboraient une swastika nazi sur le côté du casque (et pas le symbole indien). Etrangement il n’est pas rare de voir des gens arborer des croix gammées en Asie du sud. Il y a évidemment la swastika hindou que l’on retrouve partout en Inde et au Népal. Mais on en voit aussi en Thaïlande, Birmanie, Indonésie, … sur des t-shirts portés par des jeunes. A mon avis ces gens n’en connaissent pas la vrai signification et arborent ce symbole de la même façon que les punks de chez nous arborent des signes communistes, anarchistes, etc.
Autre moment notable de mon trajet en bus : en traversant une petite ville j’ai aperçu l’enseigne d’une compagnie (probablement) pétrolière appelé « APoil » :D
Bagan est au gros village entouré de centaines de temples dans la campagne environnante. Ce sont de très vieux temple parfois en ruine, parfois rénovés et toujours fréquentés par les locaux. Je loue un vélo et je m’en vais découvrir ces temples au hasard des chemins. L’avantage c’est qu’il y en a tellement que la plupart du temps je suis seul. J’ai vraiment apprécié de choisir au hasard des petits chemins en terre et de découvrir des temples en ruines rien que pour moi.
Après 2 jours passés à Bagan je suis de retour à Yangon avec une journée et une matinée à occuper avant de prendre mon vol pour Bangkok.
Ayant encore des kyats birmans (monnaie locale) en poche et ne pouvant pas les changer à l’étranger je décide de les dépenser en street-food. Je flâne donc dans les quartiers indien et chinois de la ville. J’observe ce qui se vend dans les marchés, je cherche sans succès des raviolis à la vapeur chinois, je teste des nouilles, des pâtisseries locales, un curry indiens et je bois un café sur un trottoir en discutant avec un local d’origine pakistanaise.
Journée parfaite pour clore mon périple dans ce pays aussi opprimé que souriant (sic) !
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Dernière photo avant le déluge et la “mort” de mon appareil photo.
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On trouve des trucs bizarres dans les temples bouddhistes 2.
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On trouve des trucs bizarres dans les temples bouddhistes 1.
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Mon chiromancien indien.
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Machine dans laquelle on passe des branches de canne à sucre pour en tirer le jus.
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Mandalay Hill.
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2 des (probables) prostituées.
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Pont U Bein en tek, long de 1.2km.
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Chaudron servant à préparer le repas des moines.
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Yangon (Rangoon).
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La pagode Shwedagon.
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Ça ne rigole pas!